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Au Chronographe, combattez les idées reçues sur les gladiateurs !

ActualitésPublié le 21 février 2024

La nouvelle exposition temporaire propose aux visiteuses et visiteurs de se glisser dans la peau d’un gladiateur – tout en s’affranchissant des clichés. Les explications de Brice Lopez, d’ACTA.

Brice Lopez, commissaire de l'exposition
Brice Lopez, commissaire de l'exposition "Gladiateurs, descendez dans l'arène".

Au fil du parcours connecté que suivent les visiteurs de l’exposition, vous tordez le cou à certaines idées reçues sur la gladiature...

« La première, c’est que les gladiateurs sont des condamnés, qu’ils sont obligés de se battre. C’est faux : ils sont volontaires, ils signent un contrat. Le deuxième cliché, c’est qu’ils meurent au combat. C’est plutôt rare. Ils font partie d’une économie, génèrent énormément de revenus – un gladiateur peut toucher pour un seul combat jusqu’à 50 ans de solde d’un soldat – et on ne tue pas la poule aux œufs d’or ! En réalité, la gladiature n’est pas une compétition mais un spectacle, on pourrait dire que c’est le catch de l'époque. Les gladiateurs ne sont pas des adversaires mais des partenaires : ils se connaissent, travaillent, vivent au même endroit… Leur technique de combat n’est pas très compliquée, mais demande beaucoup d’un point de vue athlétique. C’est l’intensité qui prime. »

Encore une idée reçue qui tombe : il existait des femmes gladiatrices ?

« Oui, les sources archéologiques le prouvent ! On est loin de ce qu’on voit dans les films, avec des gladiateurs forcément beaux gosses, bodybuildés et machos. Les femmes pouvaient combattre aussi et faisaient peut-être un meilleur spectacle que les hommes, avec moins d’ego... »

L’exposition explique bien comment fonctionnait la gladiature, mais quelle était son utilité réelle dans la société romaine ?

« Question complexe, car il faudrait tirer le fil jusqu’aux origines de la gladiature et on ne connaît pas précisément son pourquoi... Sous le Haut Empire, autour du Ier siècle, les jeux sont un moyen de rassembler toute cette mosaïque de peuples, de l’actuel Portugal à l’Asie mineure, des îles britanniques à l’Afrique du nord. On veut qu’ils se sentent Romains et donc on leur donne une émotion commune, liée à une question universelle : la vie et la mort. Et les gens trouvent leur compte dans cette idée d’unité du monde romain, du pain et des jeux. »

En plus d’être commissaire de l’exposition présentée au Chronographe, vous formez vous-même des gladiateurs…

« Oui, ce qui est présenté ici est une exposition sur les gladiateurs faite par un gladiateur ! Je suis un ancien sportif de haut niveau, membre de l’équipe de France de jiu-jitsu, et après avoir rencontré des archéologues et historiens il y a 30 ans, je me suis intéressé au sport dans le monde antique. J’ai créé ma structure autour de la gladiature, la société de spectacles historiques ACTA, et j’ai monté cette exposition en 2020 en collaboration avec Cap sciences. »

Lors de son parcours dans l’exposition, les visiteurs sont amenés à vivre différentes expériences en tant que gladiateur, lui permettant de comprendre le quotidien de ces combattants au 1er siècle de notre ère © Rodolphe Delaroque.
Lors de son parcours dans l’exposition, les visiteurs sont amenés à vivre différentes expériences en tant que gladiateur, lui permettant de comprendre le quotidien de ces combattants au 1er siècle de notre ère © Rodolphe Delaroque.

Des gladiateurs chez les Pictons

En plus de sa partie immersive, l’exposition Gladiateurs, descendez dans l’arène propose un focus sur l’archéologie de la gladiature à l’échelle locale et présente des objets retrouvés sur le territoire picton, délimité au nord par le port romain de Ratiatum sur les vestiges duquel est implanté Le Chronographe à Rezé. Les pièces présentées mettent en évidence l’importance des gladiateurs au sein de la société gallo-romaine, avec des objets qui constituent ce que l’on nommerait aujourd’hui des « produits dérivés »...

Pratique

Gladiateurs, descendez dans l’arène : exposition du 24 février au 22 septembre 2024 au Chronographe, site de Saint-Lupien, Rezé. Tarifs : de 1,50€ à 4€ (gratuit -18 ans). Démonstrations, spectacle, conférence et école de la gladiature par l’ACTA : samedi 15 et dimanche 16 juin pour les Journées européennes de l’archéologie, samedi 21 et dimanche 22 septembre 2024 (de 11h à 19h en continu, entrée libre).

Programmation culturelle à découvrir sur le site du Chronographe.